JE SUIS mélancolique

« Le spleen n'est plus à la mode, c'est pas compliqué d'être heureux. » (Angèle, Tout oublier)

 

Je me sens inapte au bonheur. Je suis prisonnière d’un ennui vague et diffus, d’un certain dégoût de l’existence. Je me sens lasse de tout et vide, je ne comprends pas pourquoi je suis comme ça.

 

Par Aouatif ROBERT | psytherapieparis.fr

Je pleure beaucoup, pour des riens. Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours été inquiète, hypersensible, à fleur de peau. Depuis l’enfance, j’éprouve une extrême tristesse. Je suis nostalgique d’une insouciance jamais vécue, de quelque chose que je n'identifie pas.

 

Mes angoisses, puissantes, indéfinissables, imperceptibles, irraisonnées m’épuisent et me paralysent. Cette dépression qui va et qui vient me terrifie. Me sentir glisser de plus en plus bas à force de rechutes est invivable pour moi. Cette mélancolie m’accompagne au quotidien. Elle m’oblige à faire semblant, semblant d’aller bien et d’être comme les autres. Et ce que je suis, ce que je ressens, ce désespoir intense et cette douleur morale, je les cache. On ne me voit pas comme une dépressive, mais plutôt comme une personne asociale, secrète, en repli. Et ce décalage augmente mon sentiment d’exil intérieur. Mon vague à l’âme est toujours aux aguets, il peut apparaître soudain au détour d’une rue, d’un film, d’une musique, d’une odeur, sans prévenir.

La vie me déstabilise. Je ne trouve pas de remède à ma mélancolie. Certains jours, elle me cloue au lit. Il faudrait que je réussisse à m’extraire de moi-même, que je remonte à la surface pour échapper à cette noyade introspective. Enfant, j’avais le blues du dimanche. Depuis, j’ai l’impression de porter un deuil perpétuel. Puisque rien ne dure, puisque rien n’a de sens...

 

Je ne veux pas m’entendre dire que la vie est belle. Je vis comme une fatalité ce fond mélancolique, cette mécanique intérieure en réponse au monde qui m'entoure. La brutalité de la vie me désarme. Je ne sais pas quel est le sens de mon existence, je perds goût à presque tout, j'ai souvent des idées noires. Je dors mal, je suis persuadée ne servir à rien. Tout me démotive, je me sens découragée. L’injonction au bonheur des uns et des autres me laisse K.O.

Comme si j’étais condamnée à avoir toujours 13 ou 17 ans, je suis emmurée dans une douloureuse adolescence, avec le sentiment d’être parfois folle. En proie à une mélancolie abominable et indicible, je lutte contre cet ennemi en moi. Je suis neurasthénique, submergée par ce mal-être général auquel je ne peux résister. Je plonge et sombre dans le spleen, accablée par un chagrin assourdissant, une anxiété terrassante. Je me sens déboussolée, recluse dans ma douleur.

Ma mélancolie me dit que je ne suis pas bien dans ma vie, que je ne sais pas ce que je veux. Je m'effrite de l'intérieur sans pouvoir arracher cette grisaille de mon âme. Parfois atténués par des moments de joie, ces passages à vide sont exacerbés par de lancinantes crises de tristesse absolue. Tandis que beaucoup sont dans la misère et la survie, je ressens avec culpabilité mon spleen comme un caprice, un luxe de petite fille gâtée. Mon profond et intime désespoir est impudique face à la dure réalité de certains.

Je n’en peux plus d'être moi, et en même temps j’ignore si je saurais être autrement sans ces coups de blues qui sont mon quotidien.

 

Je voudrais que quelqu'un comprenne, crier un SOS, que l'on me vienne en aide.
 

Par Aouatif ROBERT | psytherapieparis.fr

 

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